L’esclavage crée beaucoup de frustrations dans le département de Torodi

eslcvge_NE56748.jpgA l’instar des autres contrées du Niger, le département de Torodi est aussi confronté à un sérieux problème relatif à la situation de l’esclavage dans notre pays.

En effet, composé majoritairement de peulhs repartis entre les deux communes que compte ce département,certains villages sont considérés comme appartenant exclusivement aux esclaves. C’est le cas de Bantéri, Djandjandjori, Bodol dans la commune rurale de Makalondiet de Kobio dans celle de Torodi.

Selon M. Oumarou Abdoulaye, un habitant de Bantéri âgé d’une cinquantaine d’années, la lutte contre l’esclavage sous toutes ses formes s’avère nécessaire au Niger car même le fait de leurs coller cette mauvaise étiquette est une mauvaise chose en soi.

« Actuellement à cause de la discrimination, nous ne pouvons pas oser demander enmariageune fille issue d’une autre famille, notamment issue des famillespeulhs qui se prennent pour des nobles. Par conséquent nous sommes malheureusement tenus à avoir une et une seule famille contrairement à ce que je vois chez certains où le mélange leur a permis de se développer sur tous les plans. Par exemple rien qu’ici au centre ville de Makalondi, nous constatons des liens de mariage entre les gourmantchés et les haoussas ou les djermas, et entre les peulhs et les haoussas. Et pourquoi personne ne veut sceller des liens de mariage avec nous ? Quelle injustice ! »a martelé M. Oumarou Abdoulaye.

Selon M. Oumarou Abdoulaye, les habitants de Bantéri seraient venus de Diogabien avant la pénétration coloniale. Aujourd’hui il pense qu’ils méritent une meilleure intégration sociale au sein de la population de Makalondi. Ce dernier reconnait qu’il existe de très bonnes relations entre eux et les différentes communautés qui vivent dans la commune. Cependant, quand il s’agit de mariage et d’autres cérémonies, c’est la discrimination qui prime sur ces bonnes relations. »

« Dieu merci à Bantéri nous ne sommes privés de notre libertés par personne ni torturés physiquement.Cependant,  nous subissons malheureusementla torture la plus dure qui soit,la torture morale. Je me souviens très bien, déclare M. Moussa Zoumari, âgé de 32 ans et résident à Bantéri. Un jour je me suis bagarré physiquementavec un homme. Pourtant, je suis plus fort que lui. Cependant, lors de notre dispute il m’a traité d’esclave et, instantanément, je me suis senti plus faible que lui ».

Selon une source sûre, actuellement le chef du village de Bossey-Bangou a un esclave à sa possession. Ce dernier ne connait aucun autre lieu en dehors du domicile du chef et accomplit avec fierté les travaux de son maitre.

Aujourd’hui le mauvais comportement ou du moins la mauvaise foi de certains individus mal intentionnés fait subir à une communauté entière la torture morale en la reléguant au second rang. Des traditions non fondées prétendent qu’en se mariant avec une esclave, on crée sa propre destruction. Et pourtant, on constate plusieurs commerçants et autres riches au sein de cette même communauté.

Toujours, selon M. Oumarou Abdoulaye, c’est à partir de ce mythe que des gens se cachent pour jeter l’anathème sur l’ensemble du villagede Bantéri. Il lance un appel pressant à l’endroit de ceux qui n’ont pas encore compris qu’au vingt-unième siècle« tous les hommes naissent libres et égaux devant la loi » et ils ont tous un seul maître, à savoirDieu l’omnipuissant.

 Tiémogo Zakari